Yolande EskenAZi

Directrice régionale aux droits des femmes et à l’égalité en Provence-Alpes-Côte d’Azur

Le 04/11/2026

Yolande Eskenazi, nouvelle directrice régionale aux droits des femmes et à l’égalité en Provence-Alpes-Côte d’Azur, nous fait part, dans cette interview, de la préparation de la Journée internationale pour l’élimination de la violence à l’égard des femmes, le 25 novembre : ses urgences, ses actions prioritaires, ses projets avec le monde économique, ainsi que sa présence lors de la 3e Journée des réussites RSE et de l’engagement territorial, où elle rappellera combien l’entreprise est concernée par ces sujets !

Nous vous avons connue commissaire à la lutte contre la pauvreté, nous vous retrouvons directrice régionale aux droits des femmes et à l’égalité en Provence-Alpes-Côte d’Azur. Expliquez-nous.

Il y a pour moi un fil rouge : depuis plus de vingt ans, j’agis sur les inégalités, en lien avec tous les acteurs, dont le monde économique. Après la Halde, le Défenseur des droits puis la lutte contre la pauvreté, je poursuis aujourd’hui ce travail sous l’angle de l’égalité entre les femmes et les hommes.
Ma mission est de piloter et coordonner, à l’échelle régionale, la politique interministérielle portée notamment par le plan « Toutes et tous égaux ». Elle couvre quatre grands champs : la lutte contre les violences faites aux femmes, la santé des femmes, l’égalité professionnelle et économique, et la culture de l’égalité, avec tout ce que cela implique en matière d’éducation et de lutte contre les stéréotypes.
Concrètement, avec nos déléguées départementales, nous mettons en mouvement les services de l’État, les collectivités, les associations, mais aussi les entreprises. Nous soutenons des actions, des associations spécialisées, mobilisons des financements, faisons émerger des partenariats et accompagnons les initiatives. L’enjeu est très concret : faire passer l’égalité du principe à la réalité.

Le 25 novembre est la Journée internationale pour l’élimination de la violence à l’égard des femmes. De quoi s’agit-il ?

Le 25 novembre est d’abord un temps de mobilisation et de mise en visibilité d’une réalité qui reste massive. En France, d’après l’Organisation mondiale de la santé, une femme sur trois sera victime de violence au cours de sa vie.
Ce chiffre dit l’ampleur du phénomène, mais il ne dit pas tout : derrière lui, il y a des femmes qui doivent parfois quitter leur domicile en urgence, protéger leurs enfants, se reloger, continuer à travailler et reconstruire leur autonomie.
C’est aussi un sujet pour l’entreprise. Une salariée victime de violences conjugales ne laisse pas cette réalité à la porte de son lieu de travail. Elle peut avoir besoin d’écoute, d’aménagements ou d’orientation. Chacun peut agir à son niveau.
Le 25 novembre doit donc mobiliser tout le monde. À la préfecture de région, nous organisons par exemple une collecte pour les femmes victimes de violences accueillies en hébergement d’urgence. J’invite aussi les entreprises à participer aux initiatives du territoire, par exemple au festival « Je crains dégun » à la Friche de la Belle de Mai.

Quelles sont vos urgences ou vos actions prioritaires ?

La lutte contre les violences faites aux femmes reste une priorité majeure, portée au quotidien dans les départements par les déléguées départementales aux droits des femmes et à l’égalité. Vous avez des interlocutrices de proximité.
Pour les entreprises, il faut regarder deux réalités. D’abord les violences sexistes et sexuelles qui peuvent se produire au travail : propos sexistes, harcèlement, agressions. L’employeur a une responsabilité de prévention, de formation, de protection et de traitement des signalements.
Mais il faut aussi savoir repérer qu’une salariée peut subir des violences dans sa vie personnelle. Nous devons tous savoir repérer des signaux et orienter vers les bons interlocuteurs. Il faut aussi rendre visibles les dispositifs internes de signalement et les ressources extérieures, comme le 3919.
Un bon dispositif n’est pas seulement un numéro ou une adresse mail : c’est une chaîne de confiance. L’enjeu est que la salariée sache à qui parler et qu’elle ne reste pas seule face à la situation.

Quels sont vos projets avec le monde économique ?

Je crois au travail avec les entreprises. Nous voulons créer dans les prochains mois un réseau régional consacré à l’égalité professionnelle, réunissant entreprises, branches, fédérations, partenaires sociaux et acteurs publics.
L’objectif n’est pas de créer un réseau de plus, mais un espace utile : partager les pratiques qui fonctionnent, mieux faire circuler les ressources, anticiper les évolutions réglementaires et surtout faire émerger des actions concrètes.
Un rendez-vous important nous attend avec la directive européenne sur la transparence des rémunérations, dont la transposition est engagée en France. Un projet de loi a été déposé au Sénat en septembre 2026. Nous pouvons accompagner les entreprises, partager les outils et créer des coopérations.
Mais l’égalité professionnelle ne se résume pas au salaire : elle se joue aussi dans le recrutement, les parcours de carrière, l’accès aux responsabilités, l’articulation des temps de vie, ou encore la prévention des violences et des stéréotypes.
Mon appel aux entreprises de la région est simple : je leur propose de rejoindre cette dynamique. Pas seulement pour échanger, mais pour expérimenter, partager et agir ensemble.

De quoi viendrez-vous nous parler le 24 novembre ?

À la veille du 25 novembre, j’ai envie de revenir sur ce sujet majeur aujourd’hui que sont les violences faites aux femmes et sur la place que peuvent prendre les entreprises dans leur prévention et leur repérage.
Le 25 novembre est un temps fort de mobilisation.
Le 24, nous parlerons surtout de ce que chacun peut concrètement faire, dans son entreprise, tout au long de l’année. Des associations seront présentes grâce à un stand que nous aurons sur l’événement et à un atelier que nous conduirons.

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