CATHERINE CHABAUD :

NAVIGATRICE

Le 02/04/2018

Catherine CHABAUD, Navigatrice (première femme à avoir accompli un tour du monde en solitaire, sans escale, et en course), Ex- déléguée à la mer et au littoral, Fondatrice de l’association Innovations Bleues pour un développement durable des activités maritimes (Tour de France des Solutions pour le Climat, Armada pour le Climat). Membre fondateur de la Plateforme Océan et Climat, membre de la Réserve citoyenne de la Marine nationale, membre d’honneur de la SNSM), nous fait part de son engagement pour l’océan, la forme qu’il a pris et nous dira le 10 avril prochain sur le Forum en quoi il est l’avenir de l’homme ! 

Pourquoi vous êtes-vous engagée sur ces sujets-là ? 

Lors de mes traversées j’ai vu beaucoup de déchets à la mer. Je me suis demandé comment on avait pu en arriver là collectivement ! Puis j’ai rencontré des associations venant souvent du bord de la méditerranée, des entreprises et des collectivités qui avaient des solutions. Ma volonté alors, a été de mettre en lumière ces solutions à un moment où l’on ne faisait que souligner les problèmes.

 

Sous quelle forme vous êtes-vous engagée ? 

Je viens de la course au large et l’innovation est notre quotidien. Pour changer le modèle on doit innover. Hier, je travaillais sur des bateaux pour qu’ils aillent le plus vite possible et aujourd’hui pour qu’ils impactent le moins possibles l’environnement.

J’ai commencé, en fondant Reporter Bleu, association avec laquelle j’ai tourné des documentaires pour France 5 et Planète Thalassa. J’ai aussi créé les premières chroniques développement durable sur Europe 1. Si le DD est né en 1987, il a fallu attendre 2007 et le pacte écologique de Nicolas Hulot pour que le grand public s’en saisisse. 

En 2008, Jean-Louis Borloo alors ministre de l’écologie, mais aussi chargé de la mer, m’a confié une mission « Nautisme et DD », puis j’ai participé au Grenelle de la Mer et suis entrée au Conseil Economique et Sociale Environnemental (CESE), où j’ai tenté de faire entrer l’océan !

Pourquoi l’océan est-il si important ?

Au Grenelle de la mer, nous avons partagé le constat que la mer est l’avenir de la terre car l’on trouve des ressources alimentaires, biologiques, énergétiques, minérales, génétiques qui s’amenuisent sur terre. L’océan produit 50% de l’oxygène de l’atmosphère et dans le même temps, il est impacté par nos activités humaines à terre et par le réchauffement climatique. Comment faire alors pour arrêter de sacrifier nos mers et océans si notre avenir est la mer ? 

Pourquoi une plateforme « océan et climat » ? 

Bien qu’il soit un élément-clé de la machine climatique planétaire, l’océan a longtemps été absent des négociations climatiques. Faire comprendre à la fois le rôle qu’il joue dans l’équilibre du climat, mais aussi qu’il fait partie de la solution, est une réelle nécessité pour l’ensemble des acteurs réunis au sein de la Plateforme Océan et Climat..

Couvrant 71 % de la surface du globe, l’océan mondial est un écosystème complexe qui fournit des services essentiels au maintien de la vie sur la Terre. Plus de 25 % du CO2 émis chaque année par l’Homme dans l’atmosphère est absorbé par l’océan et il est également le premier fournisseur net d’oxygène de la planète, jouant un rôle tout aussi important que les forêts. 

Si l’océan continue à limiter le réchauffement climatique global, depuis plusieurs décennies, la pression anthropique, principalement les émissions de CO2, la surexploitation des ressources et les pollutions, ont dégradé les écosystèmes marins. L’océan risque donc de voir son rôle de régulateur du climat perturbé. Il est donc urgent de maintenir la qualité fonctionnelle des écosystèmes marins et de restaurer ceux qui se dégradent.

La Plateforme Océan et Climat est née d’une alliance entre des organisations non gouvernementales et des instituts de recherche, avec l’appui de la Commission Océanographique Intergouvernementale de I’UNESCO, le 10 juin 2014 à l’occasion de la Journée Mondiale des Océans. Elle est fière d’avoir fait entrer l’océan dans le préambule de l’accord de Paris. Depuis, elle poursuit ses actions à la fois pour que l’océan soit plus implicitement envisagé comme faisant partie de la solution.

Vous avez également porté un projet industriel d’un voilier totalement éco-innovant ?

Oui, comme à terre, nous avons besoin de démonstrateurs en mer pour accélérer la transition écologique de la mer et du littoral. Il nous faut tester des solutions afin de lever des verrous technologiques. La démarche Voilier du Futur a eu cette ambition de faciliter l’émergence de solutions dans tous les domaines technologiques : la conception, les matériaux, l’énergie embarquée, le traitement des eaux, traitement des déchets, peintures antifouling… Si le projet industriel n’a pas abouti faute de boucler ses financements (nous nous sommes aussi heurté à la lourdeur administrative des investissements d’avenir), il a inspiré et aujourd’hui d’autres projets voient le jour, mais aucun aussi global que l’était Voilier du Futur, qui embarquaient de nombreux industriels et des laboratoires de recherche.

Que viendrait-vous nous dire sur le forum RESET ?

Je reviendrai sur mon itinéraire, évoquerai également des sujets abordés lors de ma mission de Déléguée à la mer et au littoral et vous donnerai des exemples précis de solutions apportées par l’océan dans les secteurs de l’énergie, la médecine, l’énergie, l’industrie… Je vous parlerai de ses débouchés et combien l’océan est notre avenir !

 

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