Alexandre Stourbe
Directeur du développement et de l’expertise « futur du travail » chez Tomorrow Theory
Le 28/10/2026
Coauteur du livre La charge cognitive au travail : le nouveau levier de performance des entreprises, Alexandre Stourbe, Directeur du Développement et de l’expertise « futur du travail » chez Tomorrow Theory, nous explique dans cette interview ce qui l’a poussé à écrire sur la charge cognitive comme enjeu majeur pour les entreprises et véritable levier de performance. Une lecture éclairante, qu’il prolongera en personne le 24 novembre prochain.
Quelques mots sur votre carrière consacrée aux transformations du travail et des ressources humaines.
Ingénieur de formation, Alexandre Stourbe a consacré une grande partie de sa carrière aux transformations du travail et des ressources humaines. Après avoir dirigé Le Lab RH pendant huit ans, il est aujourd’hui chez Tomorrow Theory aux côtés de Jeremy Lamri et accompagne les entreprises à travers des conférences et des ateliers sur des sujets comme l’intelligence artificielle, les compétences, le management et, bien sûr, la charge cognitive.
Qu’est-ce qui vous a amené à vouloir écrire sur ce sujet ?
Nous vivons une période de transformations profondes du travail. Les entreprises demandent toujours plus d’adaptation, de réactivité et de prise de décision à leurs collaborateurs. Pourtant, nos capacités d’attention, de mémorisation ou de concentration ne sont pas illimitées. Le problème, c’est que la surcharge cognitive reste largement invisible. Elle peut pourtant avoir des conséquences sur la santé des collaborateurs, la qualité du travail et la performance collective.
C’est ce constat qui nous a amenés à écrire ce livre avec l’équipe de Tomorrow Theory. Nous sommes convaincus que la charge cognitive doit devenir un véritable sujet de RSE.
De quoi parle ce livre en quelques mots ?
Nous avons voulu comprendre comment nos organisations sollicitent nos capacités cognitives et pourquoi certaines pratiques de travail finissent par les mettre à rude épreuve.
Le livre croise les apports des sciences cognitives avec les réalités du management et du fonctionnement des entreprises. Il explore les mécanismes de la surcharge cognitive, ses conséquences individuelles et collectives, mais aussi les leviers dont disposent les organisations pour mieux la réguler.
L’une de nos convictions est que nous nous sommes longtemps intéressés à la performance sous l’angle du temps, des moyens ou des résultats. Nous avons beaucoup moins interrogé son coût cognitif.
Avec l’IA, ne pensez-vous pas que la surcharge va s’accélérer ?
C’est tout le paradoxe de l’intelligence artificielle ! Elle représente une formidable opportunité pour nous libérer de certaines tâches répétitives et nous permettre de consacrer davantage de temps à des activités à plus forte valeur ajoutée.
Mais en accélérant les rythmes de travail et en multipliant les informations produites, elle peut également générer de nouvelles formes de surcharge cognitive. Le travail que nous déléguons à l’IA peut aussi se transformer en un effort de vérification, de supervision et de prise de décision.
Finalement, la question est de comprendre ce que les entreprises vont faire de ce temps gagné.
