VINCENT BURRONI : 

CONSEILLER GÉNÉRAL DES BOUCHES-DU-RHÔNE 

 

 

 

 

 

 

Le 13/02/2012

Vincent Burroni, conseiller Général des Bouches-du-Rhône – Délégué à l’Economie – Maire de Châteauneuf-les-Martigues, vous revenez sur l’agenda 21 que vous avez décidé de mener et ses étapes pour remplir ses obligations. Vous soulignez votre volonté de soutenir le champ de l’économie sociale et solidaire et ses impacts, et rappelez votre aide dirigée vers les SCOP. 

 

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Le 26 janvier dernier le Conseil Général a organisé un colloque Agenda 21. Qu’est ce qu’un agenda 21 ?

Agenda et 21, cela fait deux mots mystères. Agenda : parce qu’il s’agit d’une stratégie et d’un programme d’actions, étalés dans le temps, pour décliner à l’échelle de toute la collectivité le concept de développement durable. Il s’agit d’un processus partenarial, c’est-à-dire qui associe tous nos contacts et relais : communes, associations et simples citoyens… Nous espérons que la puissance d’entraînement du Département déclenchera un effet boule de neige. Pour le deuxième mot mystère, 21, c’est assez simple : il s’agit du XXIè siècle, ce qui est la fois une actualité et un horizon.

Le développement durable, n’est ce pas un concept fourre-tout ?

Le rapport Brundtland de 1987, qui a forgé ce terme, le définit comme « un développement qui répond aux besoins des générations du présent sans compromettre la capacité des générations futures à répondre aux leurs ».
C’est à la fois clair et ouvert. Le Conseil général rend l’idée concrète en arrêtant quatre objectifs : renforcer les solidarités ; préserver et valoriser le cadre de vie de l’ensemble des habitants ; encourager un aménagement du territoire respectueux des hommes et de la nature en misant sur une croissance économique maîtrisée ; conforter la collectivité départementale comme exemplaire et responsable. Ceci dit, nous ne partons pas de rien. Comme Monsieur Jourdain faisait de la prose sans le savoir, nous faisions bien entendu déjà du Développement durable : je songe au travail réalisé lorsque j’étais délégué aux routes avec le Schéma routier départemental qui va loin en termes de route durable. Autre exemple parlant : nous luttons contre la précarité énergétique en aidant les personnes en difficulté comme en investissant tout de suite pour la construction de 500 premiers logements à haute efficacité énergétique situés à proximité du réseau de transports collectifs et doux.

Pourquoi le Conseil Général s’est-il engagé dans cette démarche ?

Le Conseil général est une institution très importante, nantie en 2011 d’un budget de 2,4 milliards d’euros. C’est le premier investisseur public du Département. C’est aussi le deuxième département investisseur à l’échelle nationale. Cela nous confère un poids certain et, en même temps, une grande responsabilité. Comme l’a souligné Pierre Radanne, expert bien connu, lors du Colloque de lancement de notre Agenda 21 le 26 janvier dernier, nous ne changerons de modèle que par la co-construction. On peut bien sûr fixer des règles, mais l’efficacité réelle repose sur la capacité de conviction, la définition de perspectives communes. Et le Département, par sa fonction comme par son positionnement, a justement de très nombreux partenaires qu’il peut aider, entraîner.

Quelles sont les grandes étapes à franchir ?

Afin que cette démarche prenne sens rapidement pour l’ensemble des acteurs, elle se déroulera sur une période de 18 mois, faisant suite à un colloque partenarial qui s’est déroulé le 26 janvier 2012 à l’Hotel du département.  
Le 1er semestre 2012 est consacré au diagnostic du territoire par objectifs (ceux que je vous ai déjà indiqués). Au 4ème trimestre , le plan stratégique de développement durable de la collectivité sera rédigé et débattu publiquement.  
Au 1er semestre 2013, le plan d’actions Développement Durable de la collectivité sera validé.

Le Département a investit depuis 2002 le champ de l’économie sociale et solidaire. Pourquoi ce choix et quel impact sur l’économie locale ?

Le Conseil Général est un acteur majeur de la solidarité. L’Emploi est tout naturellement l’une de ses priorités. 
Dès lors, nous soutenons la création et la reprise d’entreprises. Nous lançons d’ailleurs en partenariat avec les Chambres de commerce et d’Industrie, le collectif Act’Créa et l’ensemble des acteurs de l’accompagnement, le portail départemental dédié à cette thématique jentreprendsdansle13.com à l’occasion de Génération Entreprendre les 13 et 14 mars prochains au Parc Chanot à Marseille.
Nous soutenons également les filières, l’artisanat et, depuis 10 ans maintenant, nous avons fait le choix d’intervenir dans le champ de l’économie sociale et solidaire.  
Il s’agit d’une économie productrice de biens et de services qui investit tous les champs de l’économie traditionnelle, tout en respectant un socle de valeurs communes : la primauté de la personne sur le capital, la défense et la mise en œuvre des principes de solidarité et de responsabilité, la conjonction des intérêts des membres comme des usagers, le contrôle démocratique par les membres.
Elle est par nature pourvoyeuse d’emplois non délocalisables et elle favorise la cohésion sociale par une participation accrue du citoyen aux enjeux de développement économique et plus largement aux enjeux de société.

En quoi consiste votre intervention ?

Plusieurs études montrent que 50 % des entreprises disparaissent à 3 ans alors qu’un accompagnement adapté ramène ce pourcentage entre 70 et 80%.
C’est pour cela que le Conseil Général des Bouches-du-Rhône participe à la structuration du parcours du porteur de projet en soutenant les acteurs professionnels de l’accompagnement. Il crée ainsi les conditions favorables à l’émergence, au démarrage et à la consolidation des modèles économiques nécessaires aux initiatives relevant de l’Economie sociale et solidaire et des modèles économiques. 
Le Département s’appuie notamment sur l’APEAS, InterMade, les Coopératives d’activités et d’Emplois. Il œuvre à la structuration du réseau des acteurs de l’accompagnement au premier rang desquels RAMSESS mais aussi d’autres acteurs dans des domaines variés tels que l’informatique, le tourisme ou encore les partenariats européens.
La collectivité est également fortement impliquée dans la promotion et la visibilité de l’ESS auprès des jeunes et du grand public.
Enfin, au-delà de son action envers les associations, les fondations et les mutuelles, le Conseil Général intervient également en faveur des Sociétés Coopératives de Production (SCOP).

Justement en quoi consiste cette aide aux SCOP ?

Actualité oblige (Fralib, Seafrance..), on entend beaucoup parler ces temps-ci des Sociétés Coopératives de Production. Les SCOP sont des sociétés commerciales qui vivent et se développent dans le secteur concurrentiel classique. Mais elles ont une forte originalité : les salariés sont les actionnaires majoritaires de leur entreprise. Compte tenu de cette particularité à fort aspect social, la loi qui régit leur statut les a autorisées à bénéficier d’aides publiques.
C’est dans ce cadre législatif que le Conseil Général a mis en place, depuis 1995, un dispositif ambitieux fondé sur un partenariat actif avec le mouvement coopératif et articulé autour de trois axes.

En premier lieu, un soutien financier en faveur de l’Union Régionale des SCOP, organisme associatif qui regroupe et représente les SCOP de la Région. 
En second lieu, des subventions d’équipement destinées à aider les SCOP dans leurs investissements. Le montant d’intervention moyen est d’environ 7 500 €, ventilé sur un nombre relativement important d’entreprises. Ce dispositif concerne en grande majorité des petites – voire des très petites – entreprises présentes dans tous les secteurs d’activités (construction, second œuvre du bâtiment, formation professionnelle, services, conseil, communication, imprimerie, industrie, spectacle, menuiserie, intérim…) et bien disséminées sur le territoire départemental. Les SCOP représentent 25 % des interventions en faveur des entreprises en phase de création. 
En troisième lieu, enfin, des aides en fonds propres sous forme de prêts participatifs ou de prises de participation en capital à travers un outil dénommé PARGEST.
Concrètement plus d’1 million d’euros qui est chaque année investi dans l’économie sociale et solidaire du territoire.